Les toits de Baščaršija vus d’en haut
La Forteresse jaune, ou Žuta tabija, est le point de vue en hauteur le plus proche de Baščaršija et le moyen le plus simple d’admirer la vieille ville de Sarajevo d’en haut, sans voiture, sans bus, sans billet. C’est un bas bastion de pierre intégré aux remparts du XVIIIe siècle au-dessus du quartier de Vratnik, et aujourd’hui il ne sert qu’à une seule chose : contempler les toits rouges, les minarets et l’anneau de montagnes qui enferme la vallée de tous côtés. Pas de musée, pas d’exposition, rien à acheter à part un café. C’est bien tout son attrait.
Y accéder ne coûte rien, à part la montée. Depuis la bordure est de Baščaršija, en passant devant la fontaine Sebilj et les artisans cuivreurs de Kazandžiluk, un sentier balisé grimpe à travers les ruelles étroites et abruptes de Vratnik. Il faut à la plupart des gens 10 à 15 minutes à un rythme normal, davantage si l’on s’arrête pour souffler ou photographier les maisons en chemin. Le trajet se fait entièrement à pied : ruelles pavées, puis marches de pierre, avec environ 80 mètres de dénivelé sur une courte distance. Il n’y a ni route pour les voitures, ni navette, rien d’accessible, donc toute personne à mobilité réduite doit considérer cela comme une vraie randonnée plutôt qu’une simple promenade.
Ce que l’on voit depuis les remparts
En haut, un bas mur de pierre et quelques anciennes positions de canon encadrent la vue plutôt qu’ils ne la bloquent. Juste en dessous s’étend la trame dense des toits de Baščaršija, avec les minarets de la mosquée Gazi Husrev-beg et des mosquées de quartier plus petites qui découpent la ligne d’horizon. Au-delà, la vallée s’ouvre le long de la Miljacka vers les quartiers plus récents de la ville, et par temps clair on distingue Trebević de l’autre côté, la montagne qui a accueilli les épreuves de bobsleigh et de luge des Jeux olympiques d’hiver de 1984 et qui possède aujourd’hui son propre téléphérique partant de Bistrik.
La vue change considérablement selon l’heure de la journée. À midi, c’est un panorama large et plat, utile pour se repérer si c’est votre première visite et que vous n’avez pas encore bien saisi comment la ville s’inscrit dans sa vallée. Dans l’heure précédant le coucher du soleil, la lumière teinte les toits d’un orange-rouge profond et l’appel à la prière d’une demi-douzaine de mosquées se chevauche en montant de la vieille ville en contrebas, ce qui explique pourquoi la plupart des gens choisissent la fin d’après-midi plutôt que toute autre heure.
Un petit kiosque vend café et boissons sans alcool à des prix ordinaires pour Sarajevo, avec une poignée de chaises en plastique face à la vue, et c’est un endroit vraiment agréable où s’asseoir dix minutes plutôt que de simplement photographier et repartir.
Forteresse jaune ou Forteresse blanche : laquelle gravir
Sarajevo compte deux fortifications sur les hauteurs, à courte distance l’une de l’autre au-dessus de Vratnik, et les confondre est l’erreur la plus fréquente des visiteurs ici. Connaître la différence avant de partir évite une montée pour rien.
| Forteresse jaune (Žuta tabija) | Forteresse blanche (Bijela tabija) | |
|---|---|---|
| Distance depuis Baščaršija | 10-15 minutes à pied | 25-35 minutes à pied, plus loin que la Forteresse jaune |
| Altitude | Plus basse, plus proche de la vieille ville | Plus haute, fait partie des remparts de Vratnik |
| Vue | Vue rapprochée sur les toits et minarets de Baščaršija | Panorama plus large sur toute la vallée |
| Affluence | Fréquentée au coucher du soleil, surtout en été | Calme même aux heures de pointe |
| Équipements | Petit kiosque à café | Aucun |
Si vous n’avez le temps que pour l’une des deux, la Forteresse jaune est le meilleur choix pour une première visite : elle est plus proche, elle cadre Baščaršija elle-même plutôt que la vallée dans son ensemble, et l’on peut s’y asseoir.
La Forteresse blanche, atteinte en continuant plus haut à travers Vratnik le long des anciens remparts, récompense ceux qui recherchent la solitude et une vue plus large plutôt qu’une carte postale de la vieille ville, et constitue une bonne deuxième étape si vous êtes déjà monté à la Forteresse jaune et souhaitez continuer à marcher. Faire les deux en une soirée est possible mais ajoute 45 minutes à une heure de montée supplémentaire, à prévoir en conséquence plutôt qu’en supposant qu’il s’agit de la même courte balade.
Le canon du Ramadan : l’iftar à Žuta tabija
Pendant le Ramadan, la Forteresse jaune joue un rôle précis dans le rythme quotidien de la ville, sans rapport avec le tourisme. Chaque soir, au moment précis où le jeûne du jour prend fin, un canon est tiré depuis la forteresse. Le son porte à travers toute la vallée et constitue le signal, entendu jusqu’à Baščaršija et au-delà, que l’iftar commence. Les familles se rassemblent chez elles ou au restaurant pour manger, et dans la vieille ville, les cafés autour du Sebilj se remplissent rapidement dans les minutes qui suivent.
Les visiteurs sont les bienvenus à la Forteresse jaune pour assister au coup de canon, et une petite foule s’y rassemble généralement dans les dernières minutes avant le coucher du soleil pendant le Ramadan, mais il faut être clair sur ce que cela représente : une pratique religieuse bien réelle observée par la communauté musulmane de la ville, et non un spectacle programmé pour les badauds.
La façon respectueuse d’y participer est d’être présent en silence, de garder la photographie discrète, et de comprendre que pour les gens autour de vous, il s’agit de la fin d’une journée entière sans nourriture ni eau, et non d’une occasion de photo. Pour en savoir plus sur les changements que traverse la ville durant ce mois, voir le guide du Ramadan à Sarajevo.
Le cimetière de Kovači et le chemin du retour
En montant ou en descendant, le sentier passe près du cimetière de Kovači, un cimetière commémoratif à flanc de colline datant du siège de 1992-1995, facilement reconnaissable à ses rangées de pierres tombales blanches disposées sur la pente. Il vaut quelques minutes de recueillement si vous passez par là, avec la même retenue que pour tout cimetière militaire : pas de conversation bruyante, pas de photographies de tombes individuelles sans réfléchir à qui pourrait les voir.
Si vous préférez redescendre par un chemin différent de celui de la montée, l’ancien cimetière d’Alifaković sur la colline opposée offre un autre point de vue sur la ville et constitue une alternative raisonnable pour une seconde visite au coucher du soleil, un autre soir, sans l’affluence qui s’accumule à la Forteresse jaune elle-même. Quoi qu’il en soit, la descente vers Baščaršija est rapide, et la plupart des soirées se terminent par un café ou une assiette de ćevapi dans la vieille ville en contrebas.
Quand y aller
La Forteresse jaune n’a ni portail, ni guichet, ni horaires fixes, elle est donc accessible à toute heure du jour ou de la nuit. Cela dit, l’expérience varie considérablement selon la saison et l’heure de la journée.
| Moment | À quoi s’attendre |
|---|---|
| Midi | Vues larges et claires, moins de monde, lumière plus dure pour les photos |
| Une heure avant le coucher du soleil | Meilleure lumière, plus fréquenté, surtout de mai à septembre |
| Après la tombée de la nuit | Calme, lumières de la ville en contrebas, marches non éclairées à la descente |
| Pendant le Ramadan | Affluence croissante avant le coup de canon de l’iftar chaque soir |
| Hiver (déc.-fév.) | Journées plus courtes, et la brume de pollution hivernale de la vallée peut ternir la vue ; vérifiez la qualité de l’air du jour avant de monter spécifiquement pour la vue |
Mai, juin et septembre offrent l’air le plus clair et la montée la plus agréable. Juillet et août sont plus chauds et plus fréquentés, en particulier autour du coucher du soleil, quand le petit espace d’observation peut sembler bondé. En décembre et janvier, la vallée de Sarajevo piège régulièrement l’air pollué sous une inversion de température, et une journée brumeuse peut considérablement aplatir la vue ; si la vue est votre principale raison de monter, mieux vaut vérifier la qualité de l’air du jour plutôt que de découvrir la brume une fois arrivé en haut.
Informations pratiques
Sans droit d’entrée, sans horaires d’ouverture et sans autres équipements que le petit kiosque à café, il n’y a pas grand-chose à planifier au-delà des chaussures et du timing. Portez des chaussures avec de l’adhérence, car les pavés et les marches sont usés et lisses par endroits et peuvent devenir glissants après la pluie. Prévoyez un peu de liquide en KM si vous voulez un café en haut ; le kiosque n’accepte pas les cartes. Si vous montez autour du coucher du soleil, une lampe torche ou celle de votre téléphone facilite considérablement la descente une fois les marches non éclairées plongées dans l’ombre.
La Forteresse jaune s’inscrit bien dans une balade plus longue plutôt que comme sortie unique. Elle se trouve naturellement sur un itinéraire qui inclut aussi la rue piétonne Ferhadija en contrebas et une boucle plus large à travers Baščaršija, et c’est une étape courante du guide des points de vue de Sarajevo, aux côtés de Trebević et de la Forteresse blanche. Si vous préparez votre premier jour dans la ville, le guide d’une journée à Sarajevo et l’itinéraire d’une journée correspondant placent tous deux la montée à la forteresse en fin d’après-midi, calée pour se terminer au coucher du soleil.
À proximité, sans faire de détour
La forteresse se trouvant juste au-dessus de la vieille ville, presque tout le reste du centre de Sarajevo est accessible facilement lors de la même sortie. En redescendant, vous atterrissez au cœur des ruelles ottomanes de Baščaršija, près du pont Latin et du site de l’assassinat de 1914, et à quelques pas de la Vijećnica pseudo-mauresque, ancien hôtel de ville et bibliothèque nationale. Rien de tout cela ne nécessite de détour : ces lieux se trouvent sur le chemin naturel du retour depuis la forteresse ou juste à côté, c’est pourquoi la plupart des gens traitent la montée comme une étape parmi d’autres dans un après-midi plus long plutôt que comme une sortie séparée.
Réserver une visite guidée plutôt que d’y aller seul
Si vous préférez ne pas gérer la montée seul, ou que vous voulez que l’histoire vous soit racontée en chemin, plusieurs visites guidées de la ville intègrent la Forteresse jaune et les rues environnantes de Vratnik dans leur itinéraire.
Une visite guidée générale de la vieille ville de Sarajevo
couvre généralement Baščaršija au niveau de la rue avant la montée, ce qui apporte un contexte utile si c’est votre première heure dans la ville.
Pour quelque chose de plus centré sur les ruelles résidentielles autour de la forteresse elle-même,
une randonnée guidée à travers les quartiers traditionnels mahala de Sarajevo
permet de découvrir les maisons plus anciennes et les recoins plus tranquilles de Vratnik en montant. Et si vous préférez couvrir plus de terrain à vélo et combiner le point de vue avec un arrêt au Tunnel de l’Espoir le même jour,
une visite guidée à vélo incluant l’entrée au Tunnel de l’Espoir
est une bonne façon de voir les deux sans parcourir deux fois le même trajet à pied.
Rien de tout cela n’est nécessaire pour la seule visite de la forteresse : le chemin est balisé, la montée est courte, et il n’y a rien de technique à trouver son chemin seul. Un guide apporte surtout de la valeur par l’histoire et le contexte du quartier en chemin, pas par l’accès, puisque la Forteresse jaune n’a ni portail à déverrouiller ni billet à réserver à l’avance.
Visiter la Forteresse jaune : questions fréquentes
La Forteresse jaune est-elle gratuite ?
Oui. Il n’y a ni guichet ni droit d’entrée fixe. Une petite boîte à dons se trouve près du kiosque à café tout en haut, et les habitants y glissent généralement une pièce ou deux s’ils ont pris un café.
Comment rejoindre la Forteresse jaune depuis Baščaršija ?
À pied uniquement. Depuis la bordure est de Baščaršija, suivez le sentier balisé qui monte à travers le quartier de Vratnik ; c’est une montée régulière de 10 à 15 minutes sur des ruelles pavées et des marches. Aucun accès routier pour les voitures, ni téléphérique, ni bus sur ce trajet.
Quelle différence entre la Forteresse jaune et la Forteresse blanche ?
La Forteresse jaune (Žuta tabija) est le point de vue le plus proche, le plus bas et le plus fréquenté, accessible en 10-15 minutes, idéal au coucher du soleil sur les toits et les minarets de Baščaršija. La Forteresse blanche (Bijela tabija), à l’intérieur des anciens remparts de Vratnik, se trouve plus haut et plus loin, est bien plus calme, et offre un panorama plus large sur toute la vallée plutôt qu’une vue rapprochée de la vieille ville.
Qu’est-ce que le canon du Ramadan à la Forteresse jaune ?
Pendant le Ramadan, un canon est tiré depuis la Forteresse jaune chaque soir au moment précis où le jeûne du jour prend fin, un signal reconnu dans toute la ville comme le début de l’iftar. C’est une véritable tradition locale, ouverte à quiconque souhaite y assister, et non un événement mis en scène pour les visiteurs.
Peut-on manger ou boire quelque chose à la Forteresse jaune ?
Un petit kiosque en haut vend café, thé et boissons sans alcool à des prix ordinaires pour Sarajevo, avec quelques tables face à la vue. Ce n’est pas un restaurant, prévoyez donc de vraiment manger à Baščaršija avant ou après.
La montée convient-elle aux enfants ou aux personnes à mobilité réduite ?
Les enfants plus âgés s’en sortent généralement sans problème, mais le chemin est une véritable montée sur des pavés irréguliers et des marches en pierre, sans rambarde sur la majeure partie du trajet, et il n’existe ni itinéraire accessible ni accès pour véhicule. Ce n’est pas adapté aux fauteuils roulants, aux poussettes, ni à qui que ce soit peu assuré dans les escaliers.
Combien de temps prévoir pour la visite de la Forteresse jaune ?
Comptez 30-45 minutes en haut, plus la montée et la descente, soit une heure à une heure et demie au total depuis Baščaršija et retour. La plupart des gens combinent cette visite avec une balade plus large dans le quartier de Vratnik plutôt que d’en faire une sortie à part.
Peut-on visiter la Forteresse jaune après la tombée de la nuit ?
Le site n’a ni portail ni horaires d’ouverture, il est donc techniquement accessible à toute heure, et la montée après le coucher du soleil est une raison populaire d’y aller. Les marches en pierre non éclairées rendent la descente plus délicate dans le noir, pensez donc à une lampe torche ou à celle de votre téléphone et prenez votre temps en descendant.


