Une semaine d'histoire en Bosnie : Sarajevo, Srebrenica et Mostar
7 days

Une semaine d'histoire en Bosnie : Sarajevo, Srebrenica et Mostar

Pourquoi cet itinéraire, et comment l’utiliser

Cette semaine est construite autour d’un seul fil conducteur : comment la Bosnie-Herzégovine en est arrivée là où elle est, racontée à travers les lieux qui portent cette histoire plutôt que par le commentaire. Elle part du siège de Sarajevo de 1992-1996, se poursuit vers le génocide de Srebrenica en 1995, puis vers l’ouest à travers le patrimoine ottoman et habsbourgeois de Travnik et la fondation de la Yougoslavie fédérale en 1943 à Jajce, pour s’achever au Stari Most reconstruit, à Mostar.

Aucun de ces lieux n’est un divertissement, et l’itinéraire est rédigé en conséquence : pas de conseils photo, pas de superlatifs, et des indications précises sur le comportement à adopter à Srebrenica plutôt que sur ce qu’il faudrait y ressentir.

Sept jours, sans voiture. Sarajevo sert de base pour les trois premiers jours ; la seconde moitié de la semaine se déplace vers l’ouest, pour s’achever à Mostar avec une correspondance vers la Croatie ou un retour à Sarajevo en bus ou en train. Pour les questions pratiques d’arrivée, voir comment se rendre à Sarajevo et où loger à Sarajevo.

JourBaseFocus
1SarajevoLe siège, dans la ville
2SarajevoLe Musée historique et le Tunnel de l’Espoir
3SarajevoExcursion : Srebrenica et Potočari
4SarajevoExcursion : Višegrad
5TravnikDéplacement vers l’ouest
6Jajce1943 et la Pliva
7MostarLe Stari Most

Jour 1 : Sarajevo et le siège, à pied

Commencez par Baščaršija, le bazar de l’époque ottomane fondé vers 1462, surtout pour prendre la mesure de la ville avant d’aborder la matière la plus dure de la semaine. Depuis la fontaine Sebilj, marchez vers la Vijećnica, l’hôtel de ville pseudo-mauresque de 1896 devenu bibliothèque nationale et incendié dans la nuit du 25 au 26 août 1992, détruisant environ deux millions de livres et de manuscrits ; il a rouvert le 9 mai 2014 et mérite les quelque 10 KM d’entrée pour le bâtiment lui-même, pas seulement pour son histoire.

De là, suivez le tracé de ce que l’on appelait l’Allée des Snipers le long de la Miljacka, en direction de l’ancien Holiday Inn, l’hôtel des correspondants de presse pendant le siège. Le long du chemin et ailleurs dans la ville, vous verrez les roses de Sarajevo — des cicatrices d’obus dans le pavé, remplies de résine rouge, marquant les endroits où des personnes ont été tuées. Ce ne sont pas des arrêts photo ; contournez-les comme n’importe quelle tombe.

une visite guidée à pied qui couvre l’Allée des Snipers et la ville du temps du siège

est une manière raisonnable d’aborder cette première journée, car elle apporte des dates et un contexte facilement manqués en marchant seul. Pour vous préparer avant d’arriver, ce guide pour visiter les lieux de guerre de Sarajevo avec respect vaut dix minutes de lecture.

Jour 2 : Le Musée historique et le Tunnel de l’Espoir

Le Musée historique de Bosnie-Herzégovine offre le récit le plus direct du siège lui-même : 1 425 jours, du 5 avril 1992 au 29 février 1996, le plus long siège d’une capitale de l’histoire militaire moderne, avec environ 11 000 morts, dont près de 1 600 enfants. L’exposition permanente repose sur des objets — cartes de rationnement, poêles improvisés, une torche des Jeux olympiques d’hiver de Sarajevo — plutôt que sur un récit narré, et une couple d’heures suffit.

L’après-midi, dirigez-vous vers Butmir, près de l’aéroport, pour le Tunnel de l’Espoir (Tunel spasa). Sur les 800 mètres creusés à la main sous la piste d’atterrissage en 1993 — la seule voie d’entrée et de sortie de la ville pendant le siège — une vingtaine de mètres sont ouverts aux visiteurs, aux côtés d’un petit musée aménagé dans la maison qui dissimulait l’entrée. L’entrée coûte 10 à 15 KM.

La visite est brève, 30 à 45 minutes, et accessible en taxi (environ 20 à 25 KM depuis le centre) ou en combinant tram et transports locaux ; la plupart des visites guidées du siège l’associent au musée en une seule journée, ce qui vaut la peine si votre emploi du temps est serré. Consultez le guide de visite du Tunnel de l’Espoir pour les horaires d’ouverture avant d’y aller.

Si vous préférez découvrir à la fois le tunnel et le pont de Mostar dans une seule réservation plus tard dans la semaine, sachez qu’une option combinée existe — plus de détails au jour 7.

Jour 3 : Srebrenica et le mémorial de Potočari

C’est une journée entière, à ne combiner avec rien d’autre. Srebrenica se trouve à environ 140 km de Sarajevo, 2 h 30 à 3 h de route dans chaque sens, et le mémorial de Potočari mérite le temps qu’il faut sans être précipité pour assurer un retour.

En juillet 1995, plus de 8 000 hommes et adolescents ont été tués ici et dans les environs ; ces faits sont reconnus comme un génocide. Le Centre mémorial de Potočari, situé en face de l’ancienne base de l’ONU, abrite un cimetière où les défunts identifiés sont inhumés au fur et à mesure des identifications, ainsi qu’une exposition installée dans l’ancienne usine de batteries qui hébergeait la base onusienne. Il n’y a rien d’autre à conseiller ici que le comportement à adopter : habillez-vous sobrement, parlez à voix basse, ne traitez pas le cimetière comme un décor, et laissez le rythme de l’exposition dicter celui de votre journée plutôt que l’inverse.

une excursion d’une journée au départ de Sarajevo qui inclut le canyon de la Drina sur le trajet retour

est la manière la plus simple de couvrir la distance sans voiture. Une alternative associe la visite du mémorial à un repas et une conversation avec une famille locale —

une journée guidée qui ajoute un déjeuner chez l’habitant à la visite

— ce que certains voyageurs trouvent plus ancrant que le seul mémorial. Lisez le guide de visite du mémorial de Srebrenica avant de réserver l’une ou l’autre.

Jour 4 : Višegrad et le pont de 1571

Une excursion plus courte, environ 120 km et 2 heures de trajet dans chaque sens. Les bus vers Višegrad partent généralement de la gare d’Istočno Sarajevo (Lukavica), du côté Republika Srpska de la ville, et non de la gare principale de Sarajevo — confirmez ce point au moment de la réservation, car la confusion est vraiment courante. En traversant, vous remarquerez aussi le passage à la signalétique cyrillique qui marque la Republika Srpska, aux côtés de l’alphabet latin de la Fédération ; cela mérite d’être noté sans commentaire.

Le pont Mehmed Paša Sokolović, construit entre 1571 et 1577 sur un plan de l’architecte ottoman Mimar Sinan, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007 et sert de cadre au roman d’Ivo Andrić Le Pont sur la Drina. Juste à côté, Andrićgrad est une ville de pierre construite en 2014 par le cinéaste Emir Kusturica, distincte du pont historique et à connaître comme un ajout moderne plutôt qu’à confondre avec quelque chose de plus ancien. Retournez à Sarajevo en début de soirée ; c’est votre dernière nuit en ville avant le déplacement vers l’ouest.

Jour 5 : De Sarajevo à Travnik

Aujourd’hui, changez de base plutôt que de revenir à Sarajevo — préparez vos bagages pour le reste de la semaine. Travnik se trouve à environ 90 km et 1 h 30 de Sarajevo en bus ; consultez les bus en Bosnie pour les horaires actuels, car les liaisons ne sont pas fréquentes.

Travnik est la ville natale d’Ivo Andrić, prix Nobel de littérature 1961, et son cœur historique d’époque ottomane — la forteresse au sommet de la colline et la mosquée multicolore Šarena — se déploie sous les sommets du Vlašić. Consacrez l’après-midi à la vieille ville plutôt que de vous presser ; c’est une étape plus petite et plus tranquille après les deux journées précédentes, et elle mérite ce rythme.

Jour 6 : Jajce et la fondation de la Yougoslavie fédérale

Jajce se trouve tout près de Travnik, et le court trajet se fait aisément en bus local ou en transport organisé. La particularité de la ville saute aux yeux dès l’arrivée : une chute d’eau d’une vingtaine de mètres, sur la rivière Pliva, tombe en plein centre-ville, à l’endroit où la rivière rejoint la Vrbas. Au-dessus, la forteresse médiévale et les catacombes méritent une heure, et les moulins à eau de la Pliva, juste à l’extérieur de la ville, forment une étape agréable et sans hâte.

L’importance de Jajce tient davantage à la politique qu’au paysage : c’est ici, en novembre 1943, que s’est tenue la seconde session de l’AVNOJ, qui a posé les fondations de ce qui deviendrait la République fédérative socialiste de Yougoslavie. Le bâtiment où s’est tenue la session est ouvert aux visiteurs et constitue un moyen sobre mais direct de relier l’histoire bosnienne de cette semaine au récit yougoslave plus large qui traverse le reste du vingtième siècle. Pour une vue d’ensemble, voir le patrimoine yougoslave à Sarajevo et le contexte de la guerre en Bosnie pour les visiteurs.

Jour 7 : Direction Mostar et le Stari Most

La dernière étape file vers le sud, jusqu’à Mostar, à environ 130 km et 2 h 15 à 2 h 30 de route depuis Sarajevo, et la correspondance depuis Jajce passe généralement par le réseau routier principal — prévoyez une matinée entière de trajet. Le réseau ferroviaire bosnien ne dessert pas directement cette liaison, donc un bus ou un transfert reste l’option pratique ; voir les transports de Sarajevo à Mostar pour les options actuelles.

Le Stari Most, construit en 1566, a été détruit par des tirs le 9 novembre 1993 pendant le conflit croato-bosniaque, puis reconstruit selon les techniques d’origine, avant de rouvrir le 23 juillet 2004 ; il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005.

Des plongeurs du club local des Mostari sautent encore d’une hauteur d’environ 21 mètres dans la Neretva, mais seulement une fois leur collecte auprès des badauds réunie — ce n’est pas un spectacle programmé, et il vaut mieux le savoir avant de planifier une visite autour d’un saut à voir. S’il vous reste du temps avant le dîner, le Musée des victimes de guerre et de génocide dans la vieille ville apporte un récit propre à Mostar plutôt qu’une redite de celui de Sarajevo.

Pour les voyageurs qui préfèrent condenser le tunnel et Mostar sur moins de jours,

une journée guidée qui associe le musée du Tunnel de l’Espoir à Mostar

couvre les deux en une seule réservation, même si les visiter séparément, comme ci-dessus, laisse plus de temps à chacune. Passez la nuit à Mostar ; les correspondances mènent vers la Croatie, retournent à Sarajevo, ou poursuivent en Herzégovine — voir où loger à Sarajevo si vous rentrez, ou organiser son voyage à Sarajevo pour la logistique plus large de la semaine.

Coûts et informations pratiques pour la semaine

La Bosnie-Herzégovine utilise le mark convertible (KM, code BAM), arrimé à l’euro au taux de 1 EUR = 1,95583 KM — soit environ 2 KM pour 1 EUR pour une conversion rapide. Les euros sont parfois acceptés à Sarajevo et à Mostar, mais à un taux défavorable ; payez en KM. Les cartes fonctionnent dans les villes ; gardez du liquide pour les bus, les marchés et les petites villes. Voir argent et devise en Bosnie.

PosteCoût
Entrée au Tunnel de l’Espoir10-15 KM
Entrée à la Vijećnica~10 KM
Train Sarajevo-Mostar~12 KM
Lit en auberge20-35 KM/nuit
Appartement milieu de gamme60-110 KM/nuit
Repas au restaurant12-25 KM

Le pays n’est ni dans l’UE, ni dans la zone euro, ni dans l’espace Schengen ; les visiteurs venant de l’UE/EEE, du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande entrent sans visa pour 90 jours sur toute période de 180 jours, et les journées passées ici ne s’imputent pas sur un quota Schengen de 90/180 ailleurs. L’enregistrement auprès des autorités locales dans les 24 à 48 heures (bijeli karton) est obligatoire ; les hôtels et auberges s’en chargent automatiquement, alors demandez une confirmation écrite. Voir visa et conditions d’entrée en Bosnie.

Questions sur une semaine centrée sur l’histoire en Bosnie-Herzégovine

Comment rejoindre Srebrenica sans voiture ?

Des excursions organisées au départ de Sarajevo desservent Srebrenica et le mémorial de Potočari, et c’est l’option la plus pratique sans voiture — l’aller-retour occupe une journée entière, environ 140 km et 2 h 30 à 3 h de trajet dans chaque sens. Des bus publics existent, mais les correspondances sont lentes et peu fréquentes pour une sortie d’une journée.

Peut-on photographier au mémorial de Potočari ?

Comportez-vous comme dans n’importe quel cimetière : photographiez l’ensemble du mémorial avec respect si vous le souhaitez, mais évitez les gros plans sur les personnes venues se recueillir devant les tombes, et ne posez jamais pour une photo sur place. Le centre mémorial et le cimetière sont un lieu de silence et de lecture, pas une étape pour composer une image.

Faut-il un guide pour le Tunnel de l’Espoir et le Musée historique ?

Aucun des deux ne l’exige — les informations sur place sont disponibles en anglais — mais une visite guidée centrée sur le siège relie l’Allée des Snipers, le musée et le tunnel avec un fil narratif difficile à reconstituer seul en une journée.

De quelle gare routière faut-il partir pour Višegrad ?

Les bus vers Višegrad et le côté Republika Srpska du pays partent généralement de la gare d’Istočno Sarajevo (Lukavica), et non de la gare routière principale de Sarajevo utilisée pour Mostar et la Croatie. Confirmez la gare au moment de la réservation, car les deux sont distantes d’environ 20 minutes en taxi.

Combien coûte cette semaine en Bosnie-Herzégovine ?

Les voyageurs à petit budget peuvent boucler la semaine avec 60 à 90 KM (environ 30 à 46 EUR) par jour hors excursions guidées, ce qui couvre un lit en auberge, les transports publics et des repas simples ; un rythme intermédiaire avec excursions privées et hôtels trois étoiles se rapproche de 150 à 250 KM (77 à 128 EUR) par jour. La Bosnie reste systématiquement moins chère que la Croatie voisine.

Une nuit à Mostar suffit-elle pour clore la semaine ?

Une nuit suffit si vous arrivez en début d’après-midi : cela laisse le temps de voir le Stari Most, d’observer la lumière du soir sur la rivière et de flâner dans la vieille ville avant une correspondance matinale. Une deuxième nuit convient à qui souhaite ajouter Blagaj ou Kravice.

Que lire avant ce voyage ?

Un bref rappel sur la guerre de 1992-1995 et l’éclatement de la Yougoslavie mérite d’être lu avant de partir, car les musées ici supposent un minimum de connaissances plutôt que de tout expliquer depuis zéro. Les romans d’Ivo Andrić, écrits avant la guerre, offrent une autre façon, mais tout aussi utile, d’aborder les couches plus anciennes de l’histoire de la région.

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